Bonjour,
L'idée qu'un examen par IRM est incompatible avec tout corps étranger métallique est une idée effectivement très répandue.
J'ai vécu entre fin 2002 et fin 2004 un épisode d'hyperspasticité qui s'est soldé par l'implantation d'une pompe à baclofène (Liorésal), après 2 ans de recherche d'une cause susceptible d'expliquer pourquoi je présentais cette spasticité invalidante apparue brutalement sans raison évidente, et qui résistait à tous les médicaments disponibles (Liorésal, Dantrium, Sirdalud...).
J'ai passé des radios du rachis et des hanches, puis un scanner, puis une scintigraphie osseuse (recherche d'ostéomes), puis un nouveau scanner pour essayer de mieux voir, puis un myeloscann (injection du canal rachidien par du liquide radio opaque pour visualiser la moelle épinière) montrant une obstruction du canal.
A ce stade le neurochir m'a dit qu'il faudrait une IRM pour mieux comprendre les causes de cette obstruction, mais qu'il ne pouvait la faire à cause des électrodes du stimulateur de Brindley que j'ai au niveau lombaire, et comme ferraille j'ai aussi une demi vis cassée dans une vertèbre dorsale qui n'a pu être enlevée le jour où il a fallu m'enlever les plaques de Roy-Camille posée le jour de mon accident).
Comme ce neurochir ne me semblait vraiment pas rapide (cela faisait déjà 10 mois que ces contractures m'empoisonnaient jour et nuit et il ne me proposait rien pour essayer de les réduire), j'ai cherché un peu d'infos et j'ai repris contact avec mon équipe de rééducation initiale.
Résultat des courses :
1. J'ai trouvé la publication ci-jointe, qui en 2002 rapporte l'expérience d'un radiologue de Stoke-Mandeville en matière d'IRM sur des patients blessés médullaires. Dans un paragraphe sur les contre-indications de l'IRM, il parle des patients porteurs de stimulateur vésical (comme moi) ou de plaques métalliques . Voir au milieu du paragraphe 4.1. page 141 : "Sacral antérior root stimulators ...".
Bien que le document reste imprécis (we have scanned "many" patients : on ne sait pas du tout combien...) l'auteur trouve un intérêt manifeste à la pratique de cet examen, et considère que sa contre-indication dans ce cas précis reste "théorique" (voir tableau 3 p 142), en mentionnant qu'il n'a pas été rapporté d'effets indésirables graves.
2. J'ai finalement passé sans aucun souci un IRM au CHU de Nantes, l'appareil n'a ni explosé ni même chauffé dans les conditions où la radiologue l'a utilisé (une histoire de choix de puissance mais j'avoue que je ne comprends pas grand chose aux paramètres utilisés). Là-bas ils ont bien l'habitude des IRM chez les patients munis d'éléments métalliques (attention je ne dis pas qu'ils les passent tous à l'IRM, ils doivent bien retenir aussi des contre-indications).
Bref, tout ça pour dire que parfois l'IRM n'est pas incompatible avec des élements métalliques, et dans mon cas l'IRM avait bien permis de visualiser, au niveau dorsal, des adhérences de la moelle avec ses enveloppes (les méninges), susceptibles d'entraîner des modifications de la circulation du liquide céphalo-rachidien (dans lequel baigne la moëlle) et de constituer une épine irritative à l'origine des contractures.
Au final, on a opéré pour libérer les adhérences mises en évidence à l'IRM, mais ça n'a rien fait sur la spasticité

, et tout ça s'est -bien

- terminé par l'implantation d'une pompe à baclofène qui est très efficace depuis 4 ans maintenant.
Moralité je pense que ça vaut la peine d'insister jusqu'à comprendre pourquoi un radiologue ne veut pas pratiquer l'IRM, et éventuellement changer d'équipe si on n'a pas de résultat (mais c'est plus facile à dire qu'à faire, j'en suis consciente).
Lavandula
P.S. Le fichier pdf de l'article est trop gros pour être joint, je l'ai déposé là (merci Fabrice pour le tuyau sur dl.free cet été

) :
http://dl.free.fr/getfile.pl?file=/wKGKOAXD